« Je suis généralement un homme jeune, en bonne forme physique et en santé. La pensée du cancer ne m’aurait donc jamais effleuré. »
L'histoire d'Hugo : une armée de soutien
Histoires vraies
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19 avril, 2018

Le cancer.

Je trouve fascinant de voir à quel point un mot presque universellement reconnu est si chargé d’émotion et de détresse. Un mot que personne ne veut entendre de la bouche des êtres qui lui sont chers ou d’un médecin.

Malheureusement la vérité, c'est que le cancer touchera la majorité des gens (personnellement ou un être cher) au cours de leur vie.

Je suis généralement une personne jeune, en bonne forme physique et en santé, de sorte que la pensée du cancer ne m’avait jamais effleuré.

En juin 2013, j’ai remarqué une petite bosse de la grosseur d’un pois sur mon testicule droit. Après avoir attendu très longtemps, j’ai décidé d’aller consulter mon médecin.

Après quelques tests de routine et une échographie, je me suis retrouvé au cabinet du médecin et c'est là que j'ai entendu les mots « vous avez le cancer » sortir de sa bouche.

« Je suis généralement un homme jeune, en bonne forme physique et en santé. La pensée du cancer ne m’aurait donc jamais effleuré. »

 

Après des discussions initiales sur ce qui allait ensuite m'arriver, j’ai quitté le cabinet avec les brochures obligatoires sur le cancer. J'ai vaguement souri à la réceptionniste, marché jusqu'à ma voiture, puis j'ai éclaté en sanglots. Je me suis senti seul. Je me suis senti perdu. Je me suis senti vulnérable. Je savais qu’un long combat m’attendait… et j’avais peur.

En l’espace de 48 heures, j’ai eu un rendez-vous pour l’ablation du testicule.

Je ne savais pas trop comment réagir au fait que non seulement j’avais le cancer, mais que j’allais aussi perdre l’un de mes deux testicules. J’ai décidé d'opter pour une prothèse parce que j’avais l’impression qu’avec un peu de symétrie dans mon pantalon, j'allais me sentir un peu plus normal.

L'intervention en elle-même s’est très bien déroulée et je suis ensuite passé en mode surveillance, c'est-à-dire des analyses sanguines et des tomodensitogrammes tous les trois à six mois pendant les premières années.

La vie a en général repris son cours normal et j’ai poursuivi ma formation dans l’armée… jusqu’à ce qu’un deuxième tomodensitogramme ne montre que, malheureusement, le cancer s’était propagé aux ganglions lymphatiques abdominaux. Ma seule option était la chimiothérapie... ce qui m'a obligé à suspendre ma carrière dans l’armée.

Mis à part ma tête chauve extrêmement séduisante (qui accompagne mon apparence physique plutôt pâle et le sentiment constant de fatigue), j’ai très bien composé avec les effets secondaires. Le soutien de l’armée, de mes amis et de ma famille m’a incité à rester positif.

Au début de février 2014, il était temps de passer un tomodensitogramme de suivi, pour voir si la chimio avait fait son travail. Malheureusement, j’avais encore besoin d’une lymphadénectomie postchimiothérapie – un curage pour enlever tous les ganglions lymphatiques rétropéritonéaux.

Après une intervention de huit heures, les antidouleurs allaient devenir mes meilleurs amis. Au début, l’épidurale a fait du très bon travail. Il devait cependant y avoir une période de « transition » de 12 heures avant de passer à une autre source d'analgésiques. On a fini par m'installer une pompe à perfusion de morphine réglée par le patient plus traditionnelle... J'ai sans aucun doute épuisé toute la dose.

Assez rapidement, la pathologie de l’intervention chirurgicale a confirmé que j’étais en rémission et que je n’avais plus de cancer actif – enfin une bonne nouvelle!

Il n'y a pas de plus belle musique aux oreilles que les mots « vous n'avez plus de cancer ». J'avais encore devant moi une période prolongée de réadaptation, mais je ne m'en souciais pas... je n'avais plus le cancer.

Les dernières années ont sans nul doute été un périple des plus émotionnel et physique. Cela dit, j’aime à penser que je suis un des chanceux, car les choses auraient pu être plus graves encore.

Il est juste de dire que ma perception de la vie a un peu changé. Quand je repense aux quelques dernières années, même si cela fait très cliché, je crois être devenu une meilleure personne parce que j’ai traversé toute cette épreuve.

Je suis très chanceux d’avoir une famille et des amis qui m’ont beaucoup soutenu et aimé et je leur en suis vraiment reconnaissant. Il aura peut-être fallu quelques événements importants dans ma vie pour me rendre véritablement compte de cela… La vie est précieuse… ne la tenons pas pour acquise.